Dans nos accompagnements de dirigeants, notamment avec ABoS – ActionCOACH Business Operating System, nous travaillons beaucoup sur les systèmes, les processus, les responsabilités, les indicateurs et l’autonomie des équipes.

Pourquoi ?

Parce qu’une entreprise performante ne peut pas dépendre uniquement de son dirigeant, de quelques collaborateurs clés… ou de quelques habitudes historiques.

Elle doit être capable d’évoluer.

Et aujourd’hui, cette capacité d’évolution passe forcément par une question :

comment intégrer les nouvelles technologies sans simplement ajouter des outils supplémentaires à une organisation qui fonctionne déjà difficilement ?

Pour moi, le véritable enjeu n’est donc pas :

“Comment mettre davantage d’IA dans l’entreprise ?”

Mais plutôt :

“Comment utiliser l’IA et les nouvelles technologies pour créer davantage de valeur pour l’entreprise, pour ses clients… et pour ses équipes ?”

C’est avec cette grille de lecture que j’ai parcouru le Technology Trends Outlook 2026 de McKinsey.

Et ce rapport mérite vraiment que les dirigeants de PME s’y intéressent.

McKinsey analyse 14 grandes tendances technologiques, à travers notamment les investissements, les brevets, la recherche, la demande de compétences et leur niveau d’adoption dans les organisations. L’IA est directement au cœur de quatre de ces tendances mais elle influence également les dix autres.

Je retiens surtout 5 évolutions qui devraient faire réfléchir les dirigeants de PME.

  1. Nous passons de l’IA qui conseille à l’IA qui agit

Pendant quelques années, nous avons appris à utiliser l’IA pour répondre à une question, rédiger un texte, synthétiser une réunion ou analyser un document.

La prochaine étape change de nature.

McKinsey souligne le développement rapide des systèmes agentiques : des intelligences artificielles capables de réaliser des tâches numériques de bout en bout avec davantage d’autonomie.

Imaginez un assistant capable de :

préparer une proposition commerciale,
chercher les informations nécessaires,
mettre à jour le CRM,
préparer le message de suivi,
relancer le prospect,
puis préparer le prochain rendez-vous.

La bonne question n’est donc plus simplement :

“Quel outil d’IA pouvons-nous utiliser ?”

Mais :

“Quels processus de notre entreprise pourraient être conçus complètement différemment ?”

Automatiser une tâche fait gagner quelques minutes.

Repenser un processus complet peut transformer la productivité.

👉 Si vous pouviez confier demain 20 % des tâches répétitives de votre entreprise à un assistant numérique, lesquelles choisiriez-vous ?

Et surtout : qu’allez-vous faire de ce temps libéré ?

C’est précisément là que se trouve la création de valeur.

  1. L’IA quitte progressivement l’écran

L’une des évolutions que McKinsey met particulièrement en avant est la Physical AI.

L’intelligence artificielle acquiert progressivement la capacité de percevoir son environnement, de raisonner puis d’agir à travers des robots, des véhicules ou des équipements.

McKinsey observe que cette évolution arrive d’abord dans l’industrie et la logistique, où les gains économiques sont les plus évidents, avant de s’étendre notamment à la construction, l’agriculture ou la santé.

Nous connaissons déjà l’exemple le plus médiatisé : la voiture autonome.

Mais pour une PME industrielle, artisanale ou logistique, la réflexion peut être beaucoup plus pragmatique.

Quelles tâches pénibles, répétitives, dangereuses ou à faible valeur ajoutée pourraient demain être réalisées autrement ?

Puis vient la question essentielle :

que feront nos collaborateurs du temps ainsi libéré ?

Car une bonne automatisation ne consiste pas uniquement à supprimer une tâche.

Elle consiste à déplacer l’énergie humaine vers ce qui crée davantage de valeur :

la relation client,
l’expertise,
la résolution de problèmes,
la créativité,
la décision.

  1. L’IA peut produire plus vite que nous ne pouvons absorber

C’est probablement l’un des paradoxes les plus intéressants du rapport.

McKinsey constate que dans plusieurs domaines, l’IA commence à produire des résultats plus rapidement que les organisations humaines ne peuvent les vérifier, les tester ou les exploiter. C’est notamment le cas dans le développement logiciel ou la recherche scientifique.

Et nous pouvons facilement transposer cette situation dans nos PME.

L’IA peut produire :

10 idées marketing,

20 propositions commerciales,

50 analyses,

100 contenus …

Mais ensuite :

qui trie ?
qui contrôle ?
qui choisit ?
qui arbitre ?
qui décide ?

Le goulot d’étranglement risque donc progressivement de ne plus être la production d’informations.

Il pourrait devenir notre capacité à prendre de bonnes décisions.

Le rôle du manager va lui aussi évoluer.

Moins producteur de tâches.

Davantage :

organisateur,
arbitre,
facilitateur,
créateur de sens.

👉 Une question intéressante à poser dans votre entreprise :

manquons-nous réellement d’informations… ou manquons-nous parfois de capacité à décider ?

  1. Plus nous dépendons de la technologie, plus nous devons penser résilience

L’IA représente une formidable opportunité.

Mais elle accélère également certains risques.

McKinsey souligne notamment que l’IA réduit considérablement le délai entre l’identification d’une vulnérabilité informatique et son exploitation potentielle. Elle aide les défenseurs… mais également les attaquants.

Pour une PME, la cybersécurité ne peut donc plus être uniquement :

“le problème de notre prestataire informatique.”

Elle devient un sujet de direction.

Données.

Accès.

Mots de passe.

Sauvegardes.

Prestataires.

Logiciels.

Continuité d’activité.

Utilisation de l’IA par les collaborateurs.

Voici une question très simple :

si lundi matin votre informatique devient indisponible, combien de temps pouvez-vous continuer à travailler correctement ?

Une heure ?

Une journée ?

Une semaine ?

Une entreprise performante n’est pas seulement efficace lorsque tout fonctionne.

Elle doit aussi être capable de fonctionner lorsque quelque chose ne fonctionne plus.

  1. Attention : l’IA peut aussi accélérer le désordre

C’est probablement le point qui me paraît le plus directement lié à notre travail avec ABoS.

Imaginez une entreprise avec :

des processus mal définis,
des informations dispersées,
des responsabilités floues,
des indicateurs peu fiables,
des décisions qui remontent systématiquement au dirigeant.

Ajoutez de l’intelligence artificielle.

Vous n’obtiendrez pas forcément une entreprise performante.

Vous pourriez simplement obtenir :

le même désordre… beaucoup plus rapidement.

McKinsey rappelle d’ailleurs que dépasser les obstacles à l’adoption technologique suppose bien davantage que le simple déploiement de nouveaux outils : les entreprises doivent repenser leurs modèles opérationnels, développer les compétences et moderniser leurs systèmes.

Voilà pourquoi une transformation technologique commence rarement par la technologie.

Elle commence par :

des systèmes clairs,
des processus reproductibles,
des responsabilités définies,
des indicateurs fiables,
des équipes autonomes.

Et c’est exactement la logique d’ABoS.

Nous ne cherchons pas à multiplier les procédures.

Nous cherchons à construire une entreprise dans laquelle :

les systèmes soutiennent les personnes au lieu de les contraindre.

La technologie peut alors amplifier ce qui fonctionne.

Alors, que doit retenir le dirigeant de PME ?

Je retiendrais cinq questions à poser dans son entreprise :

  1. Quels processus pouvons-nous réellement repenser avec l’IA ?

Pas simplement automatiser une tâche.

Repenser un processus.

  1. Où voulons-nous réinvestir le temps gagné ?

Dans le client ?

Dans l’innovation ?

Dans le développement commercial ?

Dans l’amélioration de la qualité ?

  1. Quelles compétences devons-nous développer chez nos collaborateurs ?

Si certaines tâches disparaissent, quelles nouvelles responsabilités pouvons-nous leur confier ?

  1. Nos systèmes sont-ils suffisamment solides ?

L’IA peut accélérer ce qui fonctionne.

Mais également ce qui fonctionne mal.

  1. Comment utiliser la technologie pour rendre nos équipes plus fortes ?

Voilà probablement la question que je trouve la plus importante.

Car l’enjeu n’est pas de savoir :

“Que peut faire l’IA à la place de mes collaborateurs ?”

Mais plutôt :

“Comment l’IA peut-elle permettre à mes collaborateurs de créer encore davantage de valeur ?”

C’est précisément une des missions que nous avons auprès des dirigeants avec ABoS – ActionCOACH Business Operating System :

construire une entreprise plus structurée, plus autonome, plus productive…

sans oublier que les systèmes et les technologies doivent rester au service de ceux qui créent réellement la valeur : les équipes et les clients.

Le rapport McKinsey montre à quelle vitesse les technologies évoluent.

Le dirigeant n’a probablement pas besoin de devenir expert de chacune d’elles.

En revanche, il doit se préparer à poser les bonnes questions.

Parce qu’il y a une grande différence entre subir une transformation technologique… et décider de ce que l’on veut en faire.